

La scène et la stage (sous chapiteau) sont conservés pour cette troisième édition du festival de musiques actuelles de Saint-Nolff mais s'ajoute "l'arène" où se déroule un spectacle mêlant cirque et théâtre évènementiel avec la troupe Turbo Zone. Apres Heather Nova, les Freestylers entrent en scène. changement total d'ambiance. Fini le pop/rock à guitare et vive le mélange
hip hop jungle. Navigator le rapper du groupe entre en scène et emporte tout sur son passage. Les beat succèdent au "jump!!!!"
scandés par le groupe et le public se retrouve emporté sans s'en rendre compte dans une tempête dansante. Tous le monde saute,
lève les bras et applaudit aux prouesses des deux danseurs qui se lancent des défis de break-dance, salto et autres acrobaties.
On ne les attendait pas mais les Freestylers posent leur marque et séduisent le public de la fosse. Sauf peut-être le premier rang composé de suedophiles qui attendent patiemment l'apparition de saint Brett et ne goûte pas ce hip hop puissant et rythmé.
Navigator s'excuse auprès d'eux mais lance le public dans une dernière danse avant de quitter la scène.
Une grosse claque dans l'après-midi est venue de Belgique. dEUS possède l'art de la rupture comme peu d'autres. Toujours sur la corde raide, leurs compositions enchaînent les périodes de doux vent pop aux typhons soniques. Même lors de leurs passages très rock, quand les quatre guitaristes se rejoignent sur le front de scène, ils parviennent à insuffler de la délicatesse. Une main de velours dans un gant de fer.
Puis surgit Matmatah qui apporte son rock très attendu des bretons. Le public accroche : un nuage de poussière jaillit du champ sous les sauts des jeunes enfiévrés.
En fin d'après-midi, Archive investit le vieux chapiteau (la stage). Ces Britanniques qui avaient su faire avancer le trip-hop il y a quelques années venaient de sortir un album plus pop. Belle prestation assez surprenante.
Tout festival se doit aussi d'attirer quelques têtes d'affiche. Suède est la première du week-end. Le soleil s'est couché sur le Morbihan mais pas l'enthousiasme de Brett Anderson, leur leader. C'est un gamin qui rit, bondit tel un cabri, fait tournoyer son micro. Tellement heureux qu'hilare il ne parvient que difficilement à recouvrer ses esprits pour terminer She's in Fashion.
Leur sérieux, Garbage semble définitivement incapable de le perdre. Même sur scène, ils importent la perfection clinique du studio : une formidable machine technique bien trop huilée. Leur rock mâtiné d'électronique, agréable et efficace, a ravi le public mais il s'en remettra.
Rien n'est moins sûr pour la prestation d'Underworld. Ne parlons plus ici de concert dans un champ mais d'un dance floor en plein air. L'audience se laisse emporter par leur techno parfaite et jouissive quand leur chanteur, l'infatigable Karl Hyde, parcourt quelques kilomètres sur la scène en une chorégraphie des plus ébouriffantes. Malgré l'heure tardive de leur passage et la fatigue accumulée au cours de la longue journée, les spectateurs ne peuvent rester inertes. Underworld ou la musique qui ressuscite les morts. On murmure même que les arbres avaient, eux aussi, quelques courbatures le lendemain.
Co-organisé avec Allias et Diogène.